L'Eglise et ses fidèles ou le berger et ses moutons
Article paru dans le Nouvelliste le vendredi 28 novembre 1997
Bien beau métier que celui de berger, mais Dieu que les moutons sont bêtes! Tout le monde le sait, demandez à Panurge. Et personne ne sourcille lorsque l'Eglise et ses représentants les prêtres se comparent à des bergers. La crainte du feu de l'enfer et l'espoir d'entrer au paradis aident les fidèles à rester dans le droit et bon chemin. on me répondra que c'est une image poussiéreuse et moyenâgeuse de l'Eglise avec son inquisition et ses fumées de bûcher. Mais l'Eglise catholique a aussi ses extrémistes qui, par chance pour nous autres pauvres pécheurs, ne sont pas armés comme leurs collègues islamistes. Je donnerais deux exemples.
Si une brebis va brouter dans le pré du voisin (en clair, va à la messe ou communie dans une autre Église même la catholique "normale"), le berger lui dira qu'il n'a plus à s'occuper d'elle. Si vous souhaitez choisir comme gare de départ pour votre voyage dans l'au-delà, cette Église, on vous demandera un certificat de décès mentionnant que vous êtes mort naturellement (presque en bonne santé quoi!). Et si par solitude, par manque d'amour et de compréhension, par désespoir, vous mettez fin à vos jours, on vous fera attendre à la porte, pendant qu'à l'intérieur vos parents et amis prendront congé de vous et confieront votre âme à Dieu. Dans cette Église règne la conviction que Dieu est amour et pardonne.
Et si chacun essayait dans la mesure de ses moyens de se comporter comme Dieu (ne nous a-t-il pas créés à son image!), le paradis ne serait-il pas sur terre. Alors je ne prie pas Dieu, mais je vous en prie, essayer de vous aimer, d'aider les autres, de leur pardonner et essayer d'être tolérant.
L'enfer sur terre n'est pas une nécessité.
Pierre-Yves Michaud